Une idée qui fait tache

L’Association des Écrivains Sportifs (AES) n’est pas née de la dernière pluie. Plus de 85 ans que cela dure ! Avec toujours la volonté de rassembler les supposés contraires et les prétendus inconciliables. Le corps et l’esprit, la tête et les jambes, le sport et la culture qui, d’évidence, ont tout à gagner à additionner leurs envies. L’actualité ne cesse de conforter le bien-fondé de notre parti pris. Plus que jamais les écrivains, les cinéastes et les artistes osent le sport. Parce que ce phénomène est une matière, un décor, un prolongement, un miroir, une métaphore à nul autre pareil. Le sport précède, explique, apprend. Il est un marqueur social explicite aux codes immédiatement transposables. Oui, la vie est un match, la société un terrain de compétition. Par-delà nos frontières, de David Peace à Pier Paolo Pasolini, de Hugh Hudson à Martin Scorsese, de Peter Esterházy à Haruki Murakami, ils sont pléthore à avoir franchi le pas. Et les très cartésiens héritiers de Tristan Bernard de leur emboîter le pas.

Partout, les initiatives fleurissent. Les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris exposent Footballeurs et écrivains de légende en prélude à l’Euro 2016. Le MuCEM de Marseille accueille l’exposition Football et identités au cours de l’hiver 2017-2018. Chaque mois de janvier, l’Institut Lumière de Lyon accueille le festival Sport, littérature et cinéma. Au moins deux fois par an, la revue Desports mélange les genres. Le temps d’un cycle, le Collège de France considère la «littérature comme [un] sport de combat». Ici et là, les romanciers Jean-Philippe Toussaint, Jean Echenoz ou Tristan Garcia s’aventurent en terres sportives. Et les réalisateurs Régis Wargnier, Guillaume Canet ou Samuel Collardey avec eux. Actrice directe, périphérique ou voisine de tous ces changements de perspectives et de mentalités, l’Association des Écrivain Sportifs a bien sûr son mot à dire. Avec vous et pour vous.

Benoit Heimermann,
Président