Seconde jeunesse

L’Association des Ecrivains Sportifs (AES) a quatre-vingt-cinq ans mais, malgré ce grand âge, elle connaît une seconde jeunesse. Bien sûr, il sera toujours possible d’évoquer, à son propos, les temps d’abondance – les années 1950 en particulier –, périodes durant lesquelles les beaux esprits étaient légion pour porter haut l’idée d’un mariage bienvenu entre le sport et la littérature. Dans un appel rédigé le 17 février 1959, Paul Vialar, son Président, insistait : “ Il faut que viennent à nous tous les écrivains véritables, tous ceux qui ont écrit sur le sport, qui ont pratiqué un sport ou qui, simplement, possèdent l’esprit sportif… ” Au rang des destinataires de cette requête figuraient les noms – excusez du peu – de Marcel Berger, Jean-François Brisson, Pierre Bost, Henri Chabrol, Maurice Chevalier, Pierre Daninos, Yves Gibeau, Maurice Genevoix, André Maurois, André Malraux – oui, André Malraux ! –, Joseph Peyré, Marcel Pagnol, Alfred Sauvy, Paul-Emile Victor, et j’en passe…

Les temps ont-ils vraiment changé ? Pas vraiment. À l’injonction de Vialar, je ne retrancherais pas un mot. Et ferais remarquer que la fameuse maxime “ La tête et les jambes ” (initiée par Henri Desgrange) n’a rien perdu de sa portée. Jamais, en tout cas, la production éditoriale dans ce domaine – livres, revues, fanzines – n’a été aussi importante et les initiatives – festivals, rencontres, colloques – si nombreuses. Les nouveaux auteurs – Tristan Garcia, Alban Lefranc, Jean Hatzfeld, Philippe Bordas, Lola Lafon, Frédéric Roux, Arno Bertina, Adrien Bosc, Louis Dumoulin, Olivier Haralambon – se bousculent. Seul manque, peut-être, la volonté de se rassembler, de bâtir ensemble, de faire vivre l’idée essentielle émise par Tristan Bernard, notre fondateur, qui voudrait que l’on ait tout à gagner à marier le geste et la pensée, l’action et la réflexion, le sport et la littérature. ”

B.H.